Quand les députés ratent leurs votes

Les députés socialistes ont voté la suppression de la publicité dans les programmes de France Télévision

pour les enfants. Contre l’avis des commerciaux du MEDEF : Le gouvernement, et accessoirement de Fleur Pellerin.

FleurPellerin

 C’est un de ces petits coups de théâtre dont l’Assemblée nationale a le secret ! Alors qu’il y avait très peu de députés socialistes, mais beaucoup d’écologistes, jeudi soir, ceux-ci ont fait passer un texte interdisant la publicité dans les programmes jeunesse sur France Télévision.
La ministre Fleur Pellerin qui était sur place a tenté de faire traîner les débats : en vain, le texte a été adopté, après avoir été voté au Sénat. Et prévoit à partir du 1er janvier 2018 la suppression de la publicité durant les programmes de la télé publique destinés aux moins de douze ans, ainsi que durant les 15 minutes qui les précèdent et qui les suivent.

 

Cette mesure était défendue par l’écologiste Michèle Bonneton : «La jeunesse pâtit physiquement et psychologiquement d’une surexposition aux messages publicitaires».

Et elle a reçu le soutien de psychologues et de pédiatres comme Serge Tisseron , qui ne ménagent pas leurs critiques sur les effets délétères de la publicité chez les jeunes enfants, y compris jusqu’à son rôle dans l’obésité infantile.

assemblée

Pour Fleur Pellerin, il serait grave de priver le service public de cette manne : «La situation financière de France Télévisions est préoccupante. Les recettes publicitaires ont diminué de 100 millions d’euros entre 2010 et 2014 et ce dispositif se traduira par un manque de 15 à 20 millions d’euros».

Mais comme le fait observer Serge Tisseron, cela fait plusieurs années que la publicité a été supprimée le soir sur France Télévision, alors même que cette publicité s’adressait à un public adulte : pourquoi s’en priver ? D’autres comme la communiste Marie-George Buffet observent : « Les annonceurs du secteur alimentaire pour la catégorie enfants investissent d’abord dans les chaînes privées : TF1 reçoit 83 millions d’euros, M6, 48 millions d’euros ». Et donc, il serait immoral que la pub du service public se retrouve sur le privé.

La bataille n’est cependant pas finie : le texte n’a pas été adopté «conforme», ce qui laisse la possibilité au gouvernement et au groupe PS de revenir sur sa suppression lors de la navette parlementaire.

Un débat qui a donc beaucoup tourné autour des intérêts financiers des grands groupes de télévision, et beaucoup moins semble-t-il sur la qualité des émissions destinées aux enfants. Sans doute les députés ne regardent-ils jamais ces programmes, surtout au moment de Noël, où l’on a l’impression de se promener dans un catalogue de jouets.

 

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