Canada: Fin des frappes sur l’E.I

Justin Trudeau, a annoncé lundi que les six chasseurs F18 canadiens engagés aux côtés de la coalition internationale depuis 2014 devraient se retirer dès le 22 février. Le pays va renforcer la formation des troupes locales et l’aide humanitaire.

JustinTrudeau

Le Canada va mettre fin à ses frappes aériennes contre le groupe État islamique en Irak et en Syrie à compter du 22 février, a annoncé lundi en conférence de presse le Premier ministre Trudeau.

Le chef du gouvernement a déclaré que si les frappes aériennes permettaient d’obtenir «à court terme des avantages militaires sur le terrain», elles ne garantissaient pas «une stabilité sur le long terme pour les populations locales». «Les populations terrorisées quotidiennement par l’EI n’ont pas besoin de notre vengeance, elles ont besoin de notre aide», a encore avancé Justin Trudeau.

Nos six chasseurs F18 canadiens engagés aux côtés de la coalition internationale depuis octobre 2014, et à l’origine de 1 356 opérations contre les positions de l’EI depuis leur déploiement, devraient se retirer dès le 22 février.

Harjit Sajjan, ministre de la défense, présent lors de la conférence de presse, a précisé les contours de la nouvelle stratégie d’engagement du pays au Moyen-Orient.

chasseurs-CF-18-Hornets-canadiens-au-dessus-de-l-irak

Afin d’assurer la stabilité dans la région, le Canada souhaite dès à présent privilégier une aide directe aux populations. Celle-ci passera par une meilleure formation des troupes locales, a précisé le ministre de la Défense. Le Canada devrait ainsi «tripler le contingent» de ses forces spéciales dédiées à la formation dans le nord de l’Irak.

investissement d’un milliard d’euros

L’aide humanitaire et l’aide au développement dans la région devraient également être renforcées. Selon le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, 1,6 milliard de dollars canadiens (environ 1 milliard d’euros) vont être investis à cette fin. Les deux avions de surveillance Aurora et l’avion de ravitaillement en vol qui accompagnaient les F18 poursuivront leur mission et 830 nouveaux militaires devraient être déployés en soutien à ces opérations aériennes.

La semaine prochaine, le Parlement canadien sera appelé à voter ce nouveau plan, prolongé jusqu’au 31 mars 2017. Le camp conservateur a d’ores et déjà manifesté son opposition à ce changement de stratégie. La chef de file du Parti conservateur du Canada, Rona Ambrose, a déclaré lundi que le retrait des avions F18 était «un pas en arrière pour le Canada quant au rôle traditionnel du pays en tant que défenseur des droits de la personne et de la sécurité internationale».

En mettant un terme aux frappes aériennes en Irak et en Syrie – l’une de ses promesses électorales – Justin Trudeau répond toutefois aux attentes d’une majorité de Canadiens. Selon un sondage de l’institut Nanos publié dimanche dans le quotidien canadien The Globe and Mail, seulement 29% des Canadiens sont favorables à la poursuite des frappes dans la région.

,

Laisser un commentaire