Gataz exploiteur et maitre-chanteur

Il y a des sms que leurs auteurs préféreraient ne pas voir publier. Vendredi soir, le site des Echos a dévoilé les messages que Pierre Gattaz aurait envoyés à la présidente de la Confédération des cadres, CFE-CGC, Carole Couvert.

esclavagistes

Chantage

Le président du Medef la menace de ne plus la soutenir si elle persiste dans son opposition au projet de loi El Khomri sur le marché du travail.

«L’attitude de la CGC est incompréhensible et nuisible. Vous avez déjà planté la loi MDS (ndlr : Modernisation du dialogue social). Vous n’allez pas nous planter la loi MEK (Myriam El Khomri), écrit le dirigeant patronal. Puis il ajoute, tel un maitre chanteur : «Si vous persistez dans cette attitude « cgtiste » sur cette loi, le Medef en tirera toutes les conséquences sur nos discussions en cours». Et il se fait  plus précis : «Ce que je veux dire c’est que nous (ne) vous soutiendrons plus dans votre combat pour les cadres si vous plantez la loi MEK».

Toujours selon «Les Echos», Carole Couvert aurait répondu qu’elle ne «fonctionnait pas à la menace» : «Je suis la porte-parole de 160 000 adhérents et mon mandat sur le projet de loi a été voté à l’unanimité».

«On ne dévoile pas une conversation privée entre gens de bonne compagnie», a réagi Pierre Gattaz depuis Rabat où il est accompagné de plusieurs journalistes dont une journaliste de l’AFP. Gataz soutient le projet de loi El Khomri et estime qu’un retrait, ne riez pas, serait «dramatique».

La CFE-CGC, comme tous les autres syndicats, demande le retrait de l’introduction d’un plafonnement des indemnités prud’homales versées en cas de licenciement abusif, qui atteindrait au maximum 15 mois de salaire pour un salarié ayant au moins 20 ans d’ancienneté. La CFE-CGC est également opposée à l’introduction du référendum en entreprise et à la précision des motifs de licenciements économiques.

Le gouvernement doit faire le bilan lundi de ses concertations avec les partenaires sociaux après les avoir rencontrés en début de semaine. François Hollande a promit des «corrections», mais en bon cador du MEDEF et de la droite qui va dans le même sens, il exclut un retrait.

[cptr]

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