Violent dérapage de Trump contre Clinton

Donald Trump a laissé entendre que seuls les défenseurs du port d’arme étaient à même de stopper son adversaire démocrate dans la course à la présidence. Hillary Clinton est connue pour son engagement pour un plus grand contrôle des armes à feu.

Donald-Trump

Au lendemain d’un discours économique qui visait à remettre sa campagne chancelante sur de bons rails, Donald Trump a de nouveau dérapé. Lors d’un meeting en Caroline du nord, mardi, le candidat républicain a laissé entendre que si Hillary Clinton était élue présidente, et qu’elle nommait à la Cour suprême des juges déterminés à limiter le port d’arme, seuls les partisans du port d’armes pourraient l’empêcher. Largement interprétée comme un appel à la violence contre la potentielle présidente ou contre des magistrats, cette remarque a suscité un tollé.

«En gros, Hillary veut abolir le deuxième amendement», qui garantit le droit de posséder des armes, a lancé Donald Trump. «Si elle a la possibilité de choisir ses juges, il n’y a rien que vous puissiez faire, les gars. Bien que, avec les gens du deuxième amendement, il y a peut-être une solution, je ne sais pas», a poursuivi, sourire en coin et sans élaborer davantage, le candidat républicain. A en croire leur réaction incrédule, certains supporters du milliardaire assis juste derrière lui ont visiblement compris sa tirade comme un appel à prendre les armes.

Aussitôt, les télévisions américaines se sont emparées de cet énième polémique, diffusant en boucle l’extrait du discours et faisant réagir leurs commentateurs. «Vous n’êtes pas seulement responsable de ce que vous dites, vous êtes aussi responsable de ce que les gens entendent», a martelé Michael Hayden sur CNN. Lundi, cet ex-directeur de la CIA et une cinquantaine d’anciens responsables républicains de la sécurité nationale ont rejeté la candidature de Donald Trump dans une lettre publique. En cas de victoire, estiment les signataires, Trump serait «le président le plus dangereux de l’histoire américaine».

Acculée, la campagne de Donald Trump a répliqué en attaquant, comme souvent, «les médias malhonnêtes» accusés de déformer les propos du candidat. D’après son équipe, le milliardaire – soutenu par le puissant lobby des armes de la NRA – a voulu dire que seul le vote massif des partisans du port d’armes le 8 novembre prochain pourrait empêcher Hillary Clinton d’être élue. «Les supporters du deuxième amendement sont très dynamiques et sont complètement unis, ce qui leur confère un grand pouvoir politique», a expliqué un conseiller de Donald Trump. L’argument n’a toutefois guère convaincu, d’autant qu’avec ses dérapages à répétition, peu sont enclins à accorder au magnat de l’immobilier le bénéfice du doute.